« Incitation au racisme » : Villepin attaque Philippe sur les « Français issus de l'immigration »
L'ancien Premier ministre dénonce le « naufrage, et moral, et politique » du candidat Horizons, qui défend ses propos sur les pillages du 17 octobre et dénonce une « police de la pensée ».

La polémique ne retombe pas, et elle oppose désormais deux anciens Premiers ministres. Invité de France 2 ce jeudi 5 novembre, Dominique de Villepin a jugé que les propos d'Édouard Philippe sur les « Français issus de l'immigration » sont une « incitation au racisme ». Il parle d'un « naufrage, et moral, et politique », et estime que son rival à la présidentielle « s'enfonce et s'enferme ».
Le fondateur de La France humaniste accuse le maire du Havre de courir après le Rassemblement national, ce qu'il qualifie de « misérable ». Il a rappelé que le racisme tue, en citant l'attentat de Trappes, rapporte franceinfo.
Ce qu'a dit Édouard Philippe
Tout part d'un entretien au Point, publié le 27 octobre selon La Gazette France. Le candidat Horizons y juge « patente » la « surreprésentation » de « jeunes issus de l'immigration » lors des pillages du week-end du 17 octobre, et invite, en citant Charles Péguy, à « voir ce que l'on voit ». Il a repris ces propos en substance le 1er novembre sur TF1, indique franceinfo.
Mercredi, en déplacement à Zuydcoote, dans le Nord, il a insisté : « Il y a un problème d'intégration dans notre pays, et on n'aurait pas le droit de le dire ? » Il a aussi souligné que ces personnes sont françaises, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres. Il dénonce une « espèce de police de la pensée imposée par l'extrême gauche ».
Deux voix au gouvernement
La porte-parole Maud Bregeon, qui soutient Édouard Philippe, a estimé lundi sur franceinfo qu'il a « dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a au contraire refusé ce jeudi, sur la même antenne, de faire le lien entre immigration et délinquance, rapporte La Gazette France.
À gauche, le socialiste Olivier Faure affirme que le candidat « dérive dans les eaux noires des préjugés racistes ». L'écologiste Marine Tondelier et le communiste Ian Brossat ont rapproché ces propos de ceux de Jean-Marie Le Pen. Jean-Luc Mélenchon y voit du clientélisme.
Et maintenant ?
Le débat s'installe au cœur de la précampagne présidentielle, alors que la France manifeste ce jeudi et que le souvenir des violences du 17 octobre pèse sur la journée. À cette heure, nous n'avons pas trouvé de réponse d'Édouard Philippe à ces nouvelles attaques.

