Nice : déférée, la mère soupçonnée d'avoir agressé une directrice risque la détention provisoire
Une femme de 36 ans, soupçonnée d'avoir menacé et frappé la directrice et une enseignante de l'école Clément-Roassal, à Nice, a été déférée ce mercredi. Le parquet requiert son placement en détention provisoire. Aucune décision n'était connue en fin d'après-midi.

Deux jours après les faits, la procédure s'accélère. La mère d'élèves soupçonnée d'avoir agressé la directrice et une enseignante de l'école maternelle Clément-Roassal, à Nice, a été déférée ce mercredi, indique France 3. Le parquet entend la voir mise en examen pour tentatives d'homicide sur une personne chargée d'une mission de service public et séquestration, et requiert son placement en détention provisoire. France 3 cite aussi des infractions à la législation sur les armes, la détention de faux documents et une tentative d'évasion. À 17 h 20, les articles consultés ne mentionnaient aucune décision du juge. Elle reste présumée innocente.
Près d'une heure dans le bureau
Les faits remontent à lundi 2 novembre. D'après le parquet de Nice, cette femme de 36 ans a demandé un entretien en urgence avec la directrice. Armée d'un couteau et d'une arme à feu, elle serait restée environ une heure dans son bureau. La directrice dit avoir été menacée, frappée et tirée par les cheveux. Une enseignante, croisée à la sortie, a reçu une gifle et a été menacée avec l'arme.
L'agression ne s'est pas déroulée devant les enfants, et la rentrée a eu lieu normalement mardi. Repérée grâce aux caméras de surveillance, la suspecte a été interpellée peu après à son domicile, où les enquêteurs ont saisi un couteau et plusieurs passeports, dont certains pourraient être faux. Une vidéo partielle des échanges a été retrouvée sur son téléphone.
En garde à vue, elle a d'abord nié toute violence, puis a dit avoir voulu faire peur à la directrice, selon France 3. Elle reconnaît avoir actionné plusieurs fois son arme en la sachant vide, et exprime des regrets, indique l'AFP.
Arme factice ou non ?
Un point reste à éclaircir : l'arme n'a pas été retrouvée. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a parlé devant les députés d'une arme « heureusement factice ». Le parquet relève, lui, qu'elle ressemble à un « pistolet automatique » sur la vidéo, et la directrice dit avoir perçu qu'elle était en métal.
Un parcours déjà connu des autorités
Selon le procureur Damien Martinelli, la suspecte est fichée pour radicalisation islamiste et a fait l'objet d'un suivi à ce titre. Aucun propos lié à la religion n'a toutefois été relevé pendant l'agression, précise-t-il. Elle a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme, rapporte franceinfo.
Laurent Nuñez la dit en situation irrégulière, assignée à résidence et visée depuis 2019 par une interdiction administrative du territoire. Elle aurait évoqué des agressions sexuelles qu'aurait subies l'un de ses enfants, mais aucune plainte ni aucun signalement n'a été enregistré, selon le procureur.
Ciotti dénonce le « laxisme »
Le maire de Nice, Éric Ciotti, dénonce « l'impuissance » et le « laxisme » de l'État et annonce un audit de sécurité dans toutes les écoles de la ville. Le procureur a salué le « sang-froid » des victimes. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis de les accompagner « dans la durée » et doit se rendre à Nice en fin de semaine.
Et maintenant ?
Il revient à un juge d'instruction de décider d'une éventuelle mise en examen, puis au juge des libertés et de la détention de se prononcer sur le placement en détention. L'enquête devra établir le mobile et la nature exacte de l'arme.


