Attentat raciste de Trappes : le suspect brièvement hospitalisé après une tentative de suicide
Kévin Tessier, mis en examen après l'attaque qui a fait un mort et sept blessés dans les Yvelines, a tenté de se suicider en détention, selon BFMTV. Ses jours ne sont plus en danger. Ses avocats dénoncent la divulgation de cette information.

Kévin Tessier, le suspect de l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines, a tenté de se suicider en détention, a révélé BFMTV mardi. Il a été brièvement hospitalisé et ses jours ne sont plus en danger, selon la chaîne. D'après France 24, les faits remontent à quelques jours et il a regagné sa cellule. L'administration pénitentiaire n'a pas fait de commentaire auprès de BFMTV.
Ses avocats regrettent la divulgation
Ses avocats, Mes Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, regrettent la divulgation rapide d'un acte qui relève, selon eux, de la « plus stricte intimité ». Ils souhaitent que la détention se déroule « dans les meilleures conditions possibles ». Pour eux, ce geste soulève des « interrogations légitimes » sur l'état psychologique de leur client, qui devra selon eux faire l'objet d'une évaluation médicale approfondie.
Un mort et sept blessés
L'attaque a eu lieu le 23 octobre. Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans originaire de République démocratique du Congo, a été tué. Sept autres personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, selon franceinfo.
Kévin Tessier, 39 ans, a été mis en examen le 29 octobre par un juge antiterroriste pour assassinat et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance raciste, puis placé en détention provisoire à la demande du parquet national antiterroriste (Pnat). Il reste présumé innocent.
D'après le procureur antiterroriste Olivier Christen, le suspect a reconnu être l'auteur des faits et avoir agi avec préméditation, en ciblant « spécifiquement » des personnes « de type musulman, africain ou nord-africain ». Il conteste en revanche « toute intention terroriste ». Une trentaine d'autocollants d'extrême droite ont été retrouvés à son domicile.
Un élément nourrit les interrogations : l'homme avait été interpellé trois jours avant l'attaque, après avoir frappé un homme noir dans une station-service. Il avait ensuite été relâché, dans l'attente d'une audition fixée au jour même de l'attentat.
Les proches de la victime
Le père de Pengo Bossio Wangi n'aurait pas reçu de condoléances du président de la République, selon son avocate, Zineb Alami, dont les propos sont relayés dans la matinale de franceinfo ce mercredi.
Et maintenant ?
L'instruction antiterroriste se poursuit. Le suspect, qui reconnaît les faits, conteste leur caractère terroriste, et ses avocats réclament une évaluation médicale approfondie.
Si vous êtes en détresse ou avez des pensées suicidaires, ou si l'un de vos proches est concerné, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.


