Attentat de Trappes : le père de Pengo exige que l'hommage national combatte le racisme
Dix jours après la mort de son fils, tué lors de l'attentat raciste de Trappes et La Verrière, Bolema Bossio Wangi a demandé lundi à Paris que l'hommage national annoncé par le gouvernement ne se limite pas à un « moment de recueillement ».

La voix s'est brisée avant les premiers mots. Trop ému pour lire lui-même sa déclaration, Bolema Bossio Wangi a laissé sa fille Ambre, demi-sœur de la victime, prendre la parole ce lundi 2 novembre lors d'une conférence de presse à Paris. Son message, adressé directement à Emmanuel Macron, tient en une exigence : que l'hommage national promis aux victimes de l'attentat de Trappes serve à agir contre le racisme.
Un tel hommage ne doit pas être uniquement un moment de recueillement, il doit également être l'occasion d'une véritable prise de conscience et d'un engagement contre le racisme.
— Bolema Bossio Wangi, père de Pengo
« J'ai peur en tant que père d'enfants noirs »
Dans ce texte, le père de famille revient sur sa propre jeunesse. Issu de l'immigration africaine, il dit avoir grandi en France dans les années 1980-1990, à une époque où les violences racistes visant Noirs et Maghrébins étaient fréquentes. Il confie n'avoir jamais imaginé que son fils tomberait, des décennies plus tard, sous les balles d'un homme animé par la même haine.
Il décrit une France traversée par de fortes tensions identitaires et met en cause un racisme qui, selon lui, est entretenu par certains médias et partis politiques. Malgré la colère et la douleur, la mère de Pengo et lui disent faire le choix de la confiance envers la justice. Il a aussi rappelé son attachement aux valeurs du pays, au premier rang desquelles la fraternité.
La France doit toujours rester fidèle à ses valeurs, quelles que soient les origines.
— Bolema Bossio Wangi
Un mort, sept blessés
Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué par balle à Trappes (Yvelines). Sept autres personnes ont été blessées au cours du même parcours meurtrier, qui s'est poursuivi dans la commune voisine de La Verrière. Parmi elles, une enfant de 12 ans grièvement touchée. Plusieurs victimes sont d'origine africaine ou maghrébine.
Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été mis en examen jeudi à Paris et placé en détention provisoire. Selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen, cité par BFMTV, il a reconnu avoir ciblé des personnes en raison de leur origine supposée. Il a fait état de troubles psychiatriques, mais le parquet antiterroriste estime que le diagnostic de schizophrénie avancé relève davantage de sa propre interprétation que d'une conclusion médicale. Il reste présumé innocent.
Un climat qui reste lourd
L'onde de choc ne retombe pas. Samedi, on apprenait que le maire de Trappes, Ali Rabeh, avait été visé par une lettre au contenu raciste, contenant une poudre blanche, postée depuis les Côtes-d'Armor. Une enquête a été ouverte. Selon une source policière citée par France Télévisions, la poudre pourrait être du talc.
Depuis l'attaque, l'élu multiplie les prises de parole pour dénoncer les discours de haine, qu'il accuse d'avoir préparé le terrain au passage à l'acte.
La suite
Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'un hommage national serait organisé, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Sa date n'a pas encore été rendue publique. L'instruction, confiée à la justice antiterroriste, se poursuit.


