Prix Goncourt 2026 : quatre finalistes, un verdict demain chez Drouant
Haenel, Jaenada, Mélois ou Prudhomme ? L'Académie Goncourt rend son verdict ce mardi 3 novembre à Paris, au terme d'une saison marquée par le retrait d'un roman soupçonné d'avoir été écrit avec l'IA.

Plus que quelques heures. Ce mardi 3 novembre, les jurés de l'Académie Goncourt se réunissent au restaurant Drouant, à Paris, pour désigner le lauréat de la 124e édition du prix littéraire le plus convoité de France. Quatre romans restent en lice depuis l'annonce de la dernière sélection, le 27 octobre.
Les quatre finalistes
- Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie (Gallimard), un livre nourri de ses souvenirs de jeune enseignant.
- Philippe Jaenada, L'inconnue du quai de Javel (Flammarion), nouvelle enquête au long cours de l'écrivain, consacrée au meurtre d'une femme, Louise Cansot, à Paris en septembre 1949, et au classement de l'affaire quelques semaines plus tard. Livres Hebdo notait dès septembre que le livre démarrait très fort en librairie.
- Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues (L'Arbalète/Gallimard), le récit d'une séparation raconté à travers les objets.
- Sylvain Prudhomme, De l'autre côté du lac (Minuit), un roman construit comme un thriller dans les Alpes autour de la place laissée à la nature sauvage.
Deux maisons du groupe Madrigall — Gallimard et Minuit — se partagent trois des quatre places. Minuit avait déjà décroché le prix en 2025 avec Laurent Mauvignier.
Une sélection fondue en trois temps
La course avait commencé le 2 septembre avec 16 romans, une liste que Livres Hebdo jugeait alors la plus ouverte aux éditeurs indépendants depuis 2023, avec L'Iconoclaste, Verdier et Maurice Nadeau. Le 6 octobre, le jury l'a ramenée à huit titres. Ont alors notamment été écartés Olivier Rolin (La Guerre éternelle), Sonia Devillers (Le fabuleux piano), Boris Bergmann (Minotaure) et Anne Godard (Nous aussi), avant la coupe finale du 27 octobre.
L'ombre de l'intelligence artificielle
Cette édition restera aussi celle d'une première. Le 25 septembre, l'Académie a retiré de sa sélection C'était ça ou mourir, premier roman de Thélyson Orélien publié chez Grasset, après une controverse en ligne sur un recours présumé à l'intelligence artificielle. Selon Livres Hebdo, un outil de détection mis en avant par un internaute estimait à plus de 95 % la part de texte assistée par IA. Le livre figurait aussi dans les premières listes du Renaudot, du Femina et du Médicis. Dans la foulée, le juré Philippe Claudel s'est dit favorable à une interdiction de l'IA dans le règlement du prix.
La saison a également été endeuillée : Didier Decoin, ancien secrétaire général puis président de l'Académie de 2020 à 2024, est mort le 5 août 2026.
Et ensuite ?
Le nom du lauréat sera dévoilé ce mardi chez Drouant. Le livre couronné succédera à celui de Laurent Mauvignier, lauréat 2025. Une victoire de Sylvain Prudhomme offrirait à Minuit un deuxième sacre d'affilée ; un succès de Haenel ou de Mélois ferait de Gallimard le grand gagnant de la saison.
La saison des prix ne s'arrête pas là. Le Goncourt des lycéens sera proclamé le 26 novembre à Rennes, à l'issue de délibérations nationales, et le Goncourt des détenus le 15 décembre, au Centre national du livre.
