« Soyez patients » : Villepin sera candidat et ferme la porte à Philippe et Attal
Dominique de Villepin l'a assuré ce mardi sur France Inter : il n'a « pas » de doute sur sa candidature à l'Élysée, mais ce n'est pas encore le moment de l'officialiser. L'ancien Premier ministre exclut toute alliance avec le bloc central comme avec Jean-Luc Mélenchon.

Il n'est pas encore candidat, mais il le sera. Invité de France Inter ce mardi 3 novembre, Dominique de Villepin a levé le dernier doute sur ses intentions pour 2027, tout en refusant de fixer une date pour sa déclaration officielle.
Je ne pense pas qu'au milieu d'une situation de colère générale dans notre pays, ajouter une candidature apporte quelque chose. Mais, je vous rassure, soyez patient (…) Il n'y en a pas (de doutes) en ce qui me concerne.
— Dominique de Villepin, sur France Inter
En campagne de fait depuis plusieurs mois, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a démenti attendre une embellie dans les sondages, qui le placent pour l'heure entre 1 et 3 % des intentions de vote au premier tour, selon Le Parisien. « C'est tout simplement parce que je ne suis pas encore candidat. Le jour où je serai candidat, les choses changeront », a-t-il répondu.
Ni bloc central, ni Mélenchon
Dominique de Villepin se pose en « voix alternative » face à ce qu'il décrit comme « deux extrêmes qui écrasent l'ensemble du débat » et à des candidats du bloc central qui, selon lui, « ne cessent de descendre ».
Il a confirmé son refus de participer à la « primaire des démocrates » proposée par Gabriel Attal. « Les grandes figures aujourd'hui du bloc central sont les héritiers du macronisme, je n'ai donc pas de lien, aucun, avec ses représentants », a-t-il tranché, avant d'enfoncer le clou : il n'y aura « pas d'alliance ni avec Édouard Philippe ni avec Gabriel Attal ».
Malgré une popularité aujourd'hui plus forte à gauche qu'à droite, relevée par BFMTV, il exclut aussi tout rapprochement avec le leader insoumis. « La politique que je veux mener n'a rien à voir avec celle de Jean-Luc Mélenchon », a-t-il assuré. Son credo : la souveraineté, une politique étrangère indépendante et « la reconstruction d'un État fort ».
Le contexte : la droite et le centre en ordre dispersé
Cette sortie intervient en pleine bataille sur l'organisation d'une primaire entre la droite et le centre. Édouard Philippe, toujours le mieux placé de son camp dans les sondages malgré un tassement, a refusé la proposition de Gabriel Attal, qui la juge pourtant inévitable.
Dominique de Villepin s'est aussi distingué ces derniers jours comme l'une des rares voix hors de la gauche à attaquer frontalement le maire du Havre sur l'immigration. Après qu'Édouard Philippe a jugé « patente » la surreprésentation de jeunes issus de l'immigration lors des pillages du 17 octobre, l'ancien chef de la diplomatie a dénoncé, selon l'AFP, un « basculement politique ». « Voir ce que l'on voit, c'est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans », a-t-il écrit, reprenant la formule de Charles Péguy citée par son rival.
Et maintenant
Reste à savoir quand l'ex-locataire de Matignon franchira le pas. Il mise sur un espace qu'il croit ouvert : « Entre ceux qui descendent et ceux qui n'ont pas commencé à monter (dans les sondages), on peut imaginer qu'il y a un certain espace. » Le premier tour de la présidentielle a lieu dans moins de six mois.


