Gifi placé en redressement judiciaire : 6 000 salariés et plus de 500 magasins suspendus
Le tribunal de commerce de Toulouse a placé mardi le groupe Gifi en redressement judiciaire, à sa propre demande. L'enseigne de déco et de bazar à petits prix, qui emploie 6 000 personnes en France, dispose de six mois pour se relancer.

C'est officiel. Le groupe Gifi a été placé en redressement judiciaire ce mardi 3 novembre par le tribunal de commerce de Toulouse. La procédure avait été sollicitée par l'entreprise elle-même fin octobre. Les juges lui accordent une période d'observation de six mois, avec un premier rendez-vous fixé au 8 janvier : une nouvelle audience vérifiera alors si l'enseigne a les reins assez solides pour poursuivre son activité.
L'enjeu est considérable : Gifi emploie 6 000 personnes en France et exploite plus de 500 magasins. Pour l'heure, les boutiques restent ouvertes.
Un bug informatique, Action et Temu
Fondée en 1981 par Philippe Ginestet, avec un premier magasin à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), l'enseigne de décoration et d'articles à bas prix accumule les difficultés depuis plusieurs années.
Premier coup dur : un changement de système informatique raté en 2023. S'y ajoute une concurrence de plus en plus féroce, à la fois en magasin, avec des enseignes comme Action ou Maxibazar, et en ligne, avec des plateformes comme Temu. Selon la direction, la situation a encore empiré ces derniers mois : le marché « s'est nettement dégradé au cours de l'été », a écrit le président du directoire, Patrick Puy. Les ventes ont reculé et la trésorerie manque.
Le groupe avait déjà tenté de redresser la barre. En 2025, il avait envisagé de réduire ses effectifs de 5 %, avant d'interrompre ce plan social. Une dizaine de magasins ont fermé la même année, et une trentaine de points de vente ont été cédés au distributeur alimentaire Grand Frais.
La direction se veut rassurante
Dans un message adressé aux salariés, Patrick Puy a affirmé vouloir « protéger un maximum de salariés ». Il assure que la procédure n'aura « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l'emploi ». Il exclut aussi, à ce stade, tout nouveau plan de sauvegarde de l'emploi.
Dans les magasins, l'inquiétude domine pourtant. Délégué syndical FO, Franck Virlorgeux pointe l'instabilité à la tête du groupe : « On a eu beaucoup de présidences, on en a eu quatre plus un en intérim », a-t-il confié à France 2. Il redoute la suite : « On va se retrouver dans une situation où s'il y a quelque chose, ça peut être des licenciements économiques », tout en reconnaissant que les salariés n'en savent pas davantage.
Un commerce sous pression
Gifi rejoint la liste des enseignes en difficulté ces derniers mois. La veille, c'est le BHV, à Paris, qui faisait l'objet d'une procédure de redressement. Les enseignes de bazar et de déco à petits prix, elles, doivent composer avec la montée en puissance des plateformes en ligne à très bas prix.
Et maintenant ?
La période d'observation doit permettre à la direction de bâtir un plan de redressement. Plusieurs issues restent possibles : un plan de continuation, une cession totale ou partielle, ou, en dernier recours, une liquidation. Première étape décisive le 8 janvier, quand le tribunal dira si Gifi peut poursuivre la période d'observation.
