Iran : Trump menace d'un « coup de massue », Téhéran met Ormuz dans la balance
À la veille des midterms, Donald Trump a brandi dimanche la menace de nouvelles frappes contre l'Iran. Lundi, Téhéran s'est dit prêt à rouvrir le détroit d'Ormuz en deux jours, sous conditions. En France, où le gazole dépasse toujours 2,28 euros, l'escalade est suivie de près.

Le ton monte de nouveau entre Washington et Téhéran. Dimanche soir, en meeting dans l'Iowa, Donald Trump a laissé planer la menace d'une reprise des bombardements contre l'Iran, deux jours avant les élections de mi-mandat américaines.
La seule raison pour laquelle je n'en ai pas encore fini avec l'Iran, c'est que je veux être gentil... Mais nous allons devoir, à un moment, leur donner un coup de massue.
— Donald Trump, dimanche, dans l'Iowa
Le président américain a ajouté que l'opération pourrait être menée « en dix minutes ». La veille, il avait évoqué la nécessité de s'occuper encore d'« un ou deux sites », citant le mont surnommé Pickaxe Mountain, près du site d'enrichissement de Natanz, soupçonné par le renseignement américain d'abriter un complexe nucléaire souterrain. Téhéran dément chercher à se doter de l'arme atomique.
Nétanyahou pousse, Trump temporise
Selon le média américain Axios, Donald Trump s'est entretenu samedi au téléphone avec Benyamin Nétanyahou du calendrier d'une éventuelle intensification militaire. Le Premier ministre israélien l'aurait pressé de frapper dès le lendemain des midterms, prévues mardi, tandis que le président américain préférait laisser une chance aux négociations. Plusieurs médias américains évoquent une campagne courte et intense après le scrutin.
La riposte iranienne : menaces et main tendue
Téhéran a répondu sur deux registres. D'un côté, le porte-parole de l'armée, Mohammad Akraminia, a prévenu qu'un nouveau conflit pourrait durer plus longtemps que le précédent, et que Washington ne pourrait pas en dicter seul la fin. Le guide suprême Mojtaba Khamenei avait promis samedi une riposte « sans limite géographique ».
De l'autre, l'Iran s'est dit prêt lundi à rouvrir le détroit d'Ormuz en deux jours, contre sept dans son plan initial, à condition que les États-Unis acceptent ses exigences. Le Qatar mène d'intenses consultations entre les deux camps, et une délégation iranienne s'est rendue au Qatar.
Le contexte reste explosif. L'offensive israélo-américaine lancée le 28 février avait fait des milliers de morts civils et tué le guide Ali Khamenei en une quarantaine de jours de bombardements. Un cessez-le-feu en avril, puis un protocole d'accord en juin, n'ont pas tenu : les frappes ont repris cet été. Une relative accalmie prévaut depuis début septembre.
L'angle France : la pompe en première ligne
Pour les automobilistes français, l'enjeu est concret. Le gazole s'affichait encore à 2,283 euros le litre en moyenne lundi à 16 heures, selon les relevés officiels compilés par franceinfo, et le sans-plomb 95-E10 à 2,109 euros. Le gouvernement a commencé dimanche à écouler 10 millions de barils de gazole issus de stocks stratégiques achetés avant la guerre, cédés bien en dessous du prix de marché.
Résultat : une baisse moyenne d'un peu moins de 9 centimes entre samedi et lundi, loin des 18 centimes visés par l'exécutif. Et l'effet est limité dans le temps : ces réserves doivent alimenter le marché jusqu'à fin janvier.
Il n'y a pas de baguette magique. D'ici trois mois, le couperet va tomber.
— Nicolas Goldberg, spécialiste de l'énergie, sur franceinfo
Et maintenant
Tous les regards se tournent vers le résultat des midterms mardi, puis vers la réponse de Washington à l'offre iranienne sur Ormuz. En France, le gouvernement table sur une baisse du gazole qui doit tenir au moins trois mois.
