Primaire : Philippe dit non, Attal jure qu'elle est « inéluctable »
Dimanche soir sur TF1, Édouard Philippe a rejeté la « primaire des démocrates » proposée par Gabriel Attal. Ce lundi matin, sur la même chaîne, le candidat de Renaissance a contre-attaqué : selon lui, ce scrutin finira par avoir lieu.

Le bras de fer est désormais public, et il se joue à douze heures d'intervalle sur le même plateau. Dimanche, au 20 heures de TF1, Édouard Philippe a fermé la porte à la primaire du centre et de la droite voulue par Gabriel Attal. Lundi matin, toujours sur TF1, le candidat de Renaissance a répliqué sans reculer d'un pouce.
Philippe : « division » et « confusion »
Le maire du Havre, candidat d'Horizons, s'oppose depuis des mois à l'idée d'une primaire. Il l'a redit avec force : la « grande primaire des démocrates » lancée par son rival quelques jours plus tôt serait à ses yeux une primaire de « la division » et de « la confusion ». Il pointe un attelage incohérent, mêlant selon lui des héritiers du macronisme et des personnalités tentées par l'union des droites, comme le maire de Cannes David Lisnard.
Il s'est dit convaincu que ce scrutin ne se tiendra pas. Sans réclamer le ralliement de ses concurrents, qu'il juge tous légitimes, il a renvoyé l'heure des choix au début de l'année prochaine.
Au mois de février, chacun prendra ses responsabilités.
— Édouard Philippe, sur TF1
Il a ajouté que, si les Français ne voulaient pas de lui, il en tirerait les conséquences.
Attal : « C'est inéluctable »
La réponse est venue dès lundi matin. Pour Gabriel Attal, député et secrétaire général de Renaissance, seule une primaire peut permettre à son camp d'accéder au second tour et d'éviter un duel Marine Le Pen - Jean-Luc Mélenchon, scénario que dessinent les sondages à ce stade.
À la fin, je crois que cette primaire aura lieu. C'est inéluctable.
— Gabriel Attal, sur TF1
Il a retourné l'accusation de son rival : pour lui, la vraie division serait d'aligner cinq candidats du même espace au premier tour. Il a regretté le « refus catégorique » de l'ancien Premier ministre, sans exclure une primaire organisée sans lui, et s'est fixé pour horizon le début de l'année 2027, en jugeant que « le plus tôt sera le mieux ».
Un camp en ordre dispersé
Édouard Philippe reste en tête dans cet espace politique selon les sondages, avec quelques points d'avance sur Gabriel Attal, mais traverse une période moins favorable depuis plusieurs semaines. Aucun des prétendants du bloc central et de la droite (Attal, Philippe, Dominique de Villepin, Bruno Retailleau, David Lisnard, Xavier Bertrand) n'apparaît aujourd'hui en mesure d'atteindre le second tour seul, selon les enquêtes citées par l'AFP.
Le MoDem de François Bayrou soutient l'idée d'une primaire, tout comme David Lisnard. Bruno Retailleau (LR) n'y est pas hostile mais pose des conditions sur son périmètre. Horizons avait déjà rejeté la proposition la semaine dernière, son chef de file à l'Assemblée Laurent Marcangeli dénonçant une démarche « cafouilleuse et hasardeuse ».
Et maintenant ?
Le premier tour de la présidentielle est fixé au 18 avril 2027. D'ici là, les deux hommes campent sur leurs positions : Attal veut convaincre largement d'ici au début de l'année, Philippe donne rendez-vous en février. Le centre et la droite ont un peu plus de cinq mois pour éviter le scénario qu'ils redoutent tous.


