Darmanin et Beaune sonnent l'alarme : Le Pen ou Mélenchon menaceraient l'Europe
À cinq mois et demi du premier tour, le bloc central fait de l'Europe un argument de campagne. Ce lundi, Gérald Darmanin et Clément Beaune ont tous deux mis en garde contre une victoire du RN ou de LFI en 2027.

Deux voix du camp présidentiel, un même message. Ce lundi 2 novembre, le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le haut-commissaire au Plan Clément Beaune ont chacun agité le risque d'une rupture européenne si Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon remportait l'Élysée en 2027.
Darmanin : « Ils tueront l'Europe telle qu'elle existe »
Depuis un forum organisé à Barcelone, le ministre de la Justice, soutien d'Édouard Philippe dans la course présidentielle, a frappé fort, selon l'AFP. Pour lui, une victoire de l'un des deux candidats signerait la fin du projet européen actuel.
M. Mélenchon et Mme Le Pen tueront l'Europe telle qu'elle existe.
— Gérald Darmanin
Selon le ministre, les programmes des deux candidats reposent sur la fin de cette Europe. Il a plaidé pour l'élection d'un président « très pro-européen », capable de bâtir une « Europe puissance » plutôt qu'une Europe de la discussion.
Gérald Darmanin a aussi dressé un constat sévère : l'Europe décroche dans le monde, et la France a tendance à décrocher en Europe. Il a fustigé au passage des « débats de vieux » en France, sur les retraites, l'assurance maladie ou la fin de vie, appelant à se tourner vers l'intelligence artificielle, le climat ou l'industrie verte.
Beaune prédit « une crise européenne majeure »
Quelques heures plus tôt, sur Public Sénat, Clément Beaune avait ciblé Marine Le Pen. L'ancien ministre chargé de l'Europe estime que son élection remettrait en cause des équilibres construits depuis 75 ans, sous toutes les majorités depuis le général de Gaulle.
À ses yeux, la candidate du RN, historiquement opposée au projet européen, avance aujourd'hui masquée derrière une renégociation du budget de l'Union. Résultat, selon lui : « une crise européenne majeure, s'il y a Marine Le Pen ». Il ne croit pas non plus qu'une victoire du RN entraînerait les autres pays vers une « Europe des nations ».
Clément Beaune accuse en outre le parti lepéniste, y compris au Parlement européen, de vouloir déserter l'Europe ou la détricoter sur les questions écologiques et climatiques. Public Sénat ne rapporte pas de réaction du RN à ces propos.
Une campagne qui se structure contre le duel RN-LFI
Ces sorties s'inscrivent dans un contexte précis : les sondages dessinent à ce stade un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le centre et la droite se déchirent sur la méthode pour l'éviter, entre la primaire réclamée par Gabriel Attal et le refus d'Édouard Philippe, réaffirmé dimanche soir.
L'Europe s'impose comme l'un des marqueurs choisis par le bloc central pour se distinguer des deux candidats en tête. Le premier tour de la présidentielle est fixé au 18 avril 2027.


